Les lumières sombres, Arnaud Miranda
La réalité est une fiction comme une autre. La polarisation de la politique actuelle le montre avec une brutalité que beaucoup ne pensaient jamais connaître de leur vivant. Pourtant, comme par un réflexe de protection, la défiance à l’égard de la fiction grandit.
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Or, non seulement tout récit est mise en fiction, mais le monde dans lequel nous vivons est une croisée de fictions et de mythes qui tentent de s’entredévorer avec une agressivité croissante. Arnaud Miranda explore ceux de la pensée néoréactionnaire américaine, qui nourrit le champ politique de Donald Trump. Un délire conscient et auto-satisfait, qui a choisi de faire sécession avec toute forme d’humanisme, au nom d’un pragmatisme et d’un pessimisme qui confinent parfois à la pensée magique d’un fan monomaniaque de science-fiction de bazar.
Notre monde à qui “on ne la fait pas” - prétendûment passionné par la réalité, le réel et le vécu - se trouve rattrapé par la fiction, les “histoires” et les fantasmes, qui sont le fruit de ses obsessions. Bien souvent dans ce qu’ils ont de plus putassiers et de plus destructeurs.