Pompéi
Marcher dans une ville qui ne devrait plus être là, emprunter les mêmes perspectives que les Romains du Ier siècle avant notre ère, c’est le premier émerveillement. La chance d’avoir un ciel voilé, qui protège du cagnard, aide beaucoup aussi. En son temps, Pompéi était une ville très moyenne, hyper-normale, un peu médiocre. Elle est devenue un joyau pour nous.
Les fresques intérieures de ses villas font comprendre la perte tragique et irrémédiable que représente la disparition des peintures antiques l’histoire de l’art.
On erre dans une ville couverte d’inscriptions et de graffitis, des murs qui sont des gueuloirs, comme à Naples, avec ses ordures, ses élévations amoureuses, certains tabous qui ne sont plus les nôtres, notamment cette sacralité païenne du phallus, qui vaut aussi bien pour Eros et le commerce.
Enfin, l’incroyable Villa des mystères, au salon rouge décoré d’une allégorie dont le sens s’est perdu tant il est prolifique. Pour son exégèse, on ne peut s’y prendre qu’en poète.